La nuit en juillet
Dégouline le long de mon dos
Tandis que la lune est hachée
Par le plissé du rideau
La nuit en juillet
Je vole au-dessus des pavés
Je prends le temps de respirer
Finie la brasse coulée
Propulsée dans le soir
Au détour d’un trottoir
La nuit en juillet
Dégouline le long de mon dos
Tandis que la lune est hachée
Par le plissé du rideau
La nuit en juillet
Je vole au-dessus des pavés
Je prends le temps de respirer
Finie la brasse coulée
Propulsée dans le soir
Au détour d’un trottoir
Elle a mis un pied devant l’autre
C’était déjà pas mal
Dehors elle entendait
Les oiseaux qui chantaient
Tous ce temps passé là
Elle avait oublié
Comment les écouter
C’est sûr il y aurait
Un avant, un après
Elle était toujours là
Mais elle avait changé
Maintenant elle se sentait
Une femme à moitié
Dans la rue elle voyait
Les passants qui marchaient
A toute allure, sans s’arrêter
Elle aurait aimé aller
Aussi vite qu’eux, foncer
Mais ça c’était avant
Quand ses jambes la portaient
C’est sûr il y aurait
Un avant, un après
Elle était toujours là
Mais elle avait changé
Maintenant elle se sentait
Une femme à moitié
Pas plus léger son cœur
Un peu plus lourd son corps
Elle en avait consumé des heures
Nourri des doutes et des remords
Dans cet endroit étranger
Où elle aurait préféré
Ne jamais mettre un pied
C’est sûr il y aurait
Un avant, un après
Elle était toujours là
Mais elle avait changé
Maintenant elle se sentait
Une femme à moitié
Elle a mis un pied devant l’autre
Laissé derrière elle l’hôpital
Chassé la larme qui coulait sur sa joue
C’était déjà pas mal
C’était déjà beaucoup
Elle a mis un pied devant l’autre
C’était déjà pas mal
Dehors les oiseaux dans les arbres
Recommençaient à chanter
Peut-être qu’ils n’avaient jamais cessé
Dans la rue les passants marchaient
A toute allure, sans s’arrêter
A côté d’elle, sans la voir ni la toucher
Elle aurait aimé aller
Aussi vite qu’eux, foncer
Elle ne se sentait pas plus légère
Malgré ce qu’elle avait laissé là-bas
Dans cet endroit étranger
Où elle aurait préféré
Ne jamais mettre un pied
C’est sûr il y aurait
Un avant, un après
Elle a mis un pied devant l’autre
Chassé la larme qui coulait sur sa joue
C’était déjà pas mal, c’était déjà beaucoup
Vieille fille
C’est comme ça qu’on dit
Quand on n’a personne dans sa vie
Quand sur le papier
Aucun autre nom que le tien
N’apparaît
Vieille fille
Comme si t’étais perdue pour la cause
Rangée parmi les moroses
Tout juste bonne pour la ménopause
Vieille fille
Quand t’as passé 30 ans
Et qu’t’as pas voulu d’enfants
Que tes chemins n’ont pas suivi
Le torrent du tout-venant
Vieille fille au coeur sec
Veut-on croire
Parce qu’on n’sait pas garder un mec
Qu’on n’a pas peur des prises de bec
Vieille fille d’accord
Vieille fille peut-être
Mais fille, femme, soeur, amie d’abord
Une rivière où on trouve de l’or.
Auras-tu le courage avec moi
De ne pas attraper
Le bouquet de la mariée
D’être dans mon coeur
Et moi dans le tien
Sans m’écraser
Sans rien me demander
Voudras-tu construire une maison
Avec des murs en mousse
Qui ne ressemble à aucune autre ?
Auras-tu le courage de cheminer avec moi
Sur une route pas balisée
De planter un arbre
Sur un terreau infertile
Et de l’aider à grandir quand même ?
Auras-tu la force de me tendre la main
Quand je vacillerai sur mon filin ?
Aujourd’hui je t’ai vu sur une photo
Avec une fille qui n’était pas moi
Tu avais les mains sur son dos
Mon coeur n’a eu aucun sursaut
J’ai cherché à distinguer son visage
Elle ne me ressemblait pas
J’ai pensé que c’était mieux pour toi
Que tu avais réussi à dégager
Tous les boulets que tu traînais
Tu as certainement oublié
Le bain à Saint-Brelade’s bay
Le soleil levant sur le bouddha couché
La nuit chaude de juillet
Dans laquelle on s’était lovés
Tu as le même parfum
Que cet amour d’il y a longtemps
C’est vertigineux comme les sensations
Me reviennent
C’est fin mai et j’ai la fenêtre ouverte
Sur les bruits de la nuit
Ils étaient morts ces derniers temps
Et ils renaissent au même moment
Comme l’odeur de l’herbe coupée
Toi et moi on fait partie
De la même espèce
Celle que les mots durs étrillent
Comme du barbelé
Je sens quand tu souffres
Sans même le demander
Pas besoin de plonger
Dans tes yeux délavés
Hypersensible
Tu marches sur un fil
Tu cherches en vain l’échelle
Pour atteindre le ciel
Toi et moi on fait partie
De la même famille
On se sent sans parler
On respire le même air
On tente de décoller
Au plus loin de l’orage
Et des soupirs plombés
Hypersensible
Tu marches sur un fil
Tu cherches le marchepied
Pour pouvoir t’échapper
Toi et moi on est couchés
Dans la même ornière
Tu sais trouver de l’or
Au fond de ma rivière
Je sais quand tu voudrais
Disparaître sous terre
Tu sais me remonter
Vite vers la lumière
Au bout de la jetée
Pas un chat sur le quai
Les jambes dans le vide
Les lumières qui oscillent
La pluie entre mes cils
Tu as quitté la ville
Abandonnant mon coeur
Epave sur le pavé
D’un rien tu avais fait
De ma vie un brasier
Tu rêvais de plonger
Gravir d’autres sommets
Sans moi tu as embarqué
Sur un cargo sans arrêt
Dans la brume rose je vois
Le phare qui disparaît
On va vers le printemps
Et puis l’été, après
Tu te souviens on se baignait
Le ferry s’en allait
Avec dans son sillage
Le reflet de ton visage
D’un rien tu avais fait
De ma vie un brasier
Tu rêvais de plonger
Gravir d’autres sommets
Sans moi tu as embarqué
Sur un cargo sans arrêt
La nuit a fini par tomber
Demain la vie reprendra
Mais l’herbe ne repousse pas
Quand la terre est brûlée
Ce napalm dans tes mains
Si tu savais combien
Il a fait de dégâts
D’un rien tu avais fait
De ma vie un brasier
Tu rêvais de plonger
Gravir d’autres sommets
Sans moi tu as embarqué
Sur un cargo sans arrêt
Ne deviens pas amer
Comme le thé qu’on a laissé trop longtemps
Dans la tasse
Ne laisse pas les indifférences et les lâchetés
Rogner sur la beauté du monde
L’interstice dans le temps
Le reflet métallisé du lac
Les bourgeons du peuplier qui renaît
Ne laisse pas les souvenirs mauvais t’écraser
Appuie toi plutôt sur moi
Pour décoller