Les plis de la forêt

Je vois la vie à travers un voile

C’est le rideau de ma chambre

Je crois que je n’en peux plus d’attendre

Tu manques à tout le monde aujourd’hui

Aujourd’hui n’était que lambeaux de pluie

Je sais que tu as la tête ailleurs

La mienne s’est élevée sur les toits rouges

Dans les vallées vertes et noires

Dans les plis de la forêt

La vie est dense quand tu n’es pas là

Mais la vie n’est danse qu’avec toi

Trompette

Le souvenir du vent

A soulevé mon coeur

Il brillait

Désordonné, mouvant

Par mon sang

Irrigué

Comme une trompette

Le passé s’est noyé

Le souvenir du fracas

De ma voix dans la tienne

Au soir brûlant

D’entre les draps

D’où que je me souvienne

De là est venu

Le néant

Sans traîne

Un jour tu ne seras plus qu’un prénom dans une liste, une photo dans une caisse, une image au milieu de celles des autres. Il n’y a que ta vanité pour croire le contraire. Tu n’es et n’a jamais été une étoile. Tu es une poussière sans traîne. Repoussé vers les extérieurs du monde, tu seras.