Comme un chat

Comme un chat

Il grimpait sur les toits, agile

La nuit pour contempler

Les lumières de la ville

Tous les soirs

Un pied sur le rebord

Les yeux illuminés

Par les reflets de l’eau

Devant lui scintillaient

Le froid et le noir l’enveloppaient

Il se sentait chez lui

Au milieu de la nuit

Il voulait faire percer

Des fenêtres dans le grenier

Pour que des bouts de ciel

S’invitent dans son bordel

Comme un chat

Il grimpait sur le toit, agile

La nuit pour contempler

Les lumières de la ville

Un soir en glissant il a vu

Le ciel d’un peu trop près

Mon ami tu t’appelais

Félix Lechevalier

Comme on glisse

Comme on glisse

Vers l’automne,

Irrémédiablement

Comme on se hisse

Sur une branche

Pour hurler au ciel déclinant

Comme on meurt

Du silence de l’été

La joie est bel et bien passée

Comme on espère

Que le froid et le vent

Se feront discrets

Comme on glisse…

En bourrasque

Mes souvenirs s’écrasent

Comme des oiseaux sur des vitres

Le temps a passé

J’ai les images en accéléré

Derrière les yeux

Le coeur lesté

Comme dans un dessin animé

Du sable gluant plein les godasses

Et ton visage qui me revient en bourrasque

Comme sur un pont suspendu

Avec le vide des deux côtés

Je croyais que j’avais avancé

Je suis pour toujours tordue

Femme à moitié

Elle a mis un pied devant l’autre

C’était déjà pas mal

Dehors elle entendait

Les oiseaux qui chantaient

Tous ce temps passé là

Elle avait oublié

Comment les écouter

 

C’est sûr il y aurait

Un avant, un après

Elle était toujours là

Mais elle avait changé

Maintenant elle se sentait

Une femme à moitié

 

Dans la rue elle voyait

Les passants qui marchaient

A toute allure, sans s’arrêter

Elle aurait aimé aller

Aussi vite qu’eux, foncer

Mais ça c’était avant

Quand ses jambes la portaient

 

C’est sûr il y aurait

Un avant, un après

Elle était toujours là

Mais elle avait changé

Maintenant elle se sentait

Une femme à moitié

 

Pas plus léger son cœur

Un peu plus lourd son corps

Elle en avait consumé des heures

Nourri des doutes et des remords

Dans cet endroit étranger

Où elle aurait préféré

Ne jamais mettre un pied

 

C’est sûr il y aurait

Un avant, un après

Elle était toujours là

Mais elle avait changé

Maintenant elle se sentait

Une femme à moitié

 

Elle a mis un pied devant l’autre

Laissé derrière elle l’hôpital

Chassé la larme qui coulait sur sa joue

C’était déjà pas mal

C’était déjà beaucoup

 

Un pied devant l’autre

Elle a mis un pied devant l’autre

C’était déjà pas mal

Dehors les oiseaux dans les arbres

Recommençaient à chanter

Peut-être qu’ils n’avaient jamais cessé

Dans la rue les passants marchaient

A toute allure, sans s’arrêter

A côté d’elle, sans la voir ni la toucher

Elle aurait aimé aller

Aussi vite qu’eux, foncer

Elle ne se sentait pas plus légère

Malgré ce qu’elle avait laissé là-bas

Dans cet endroit étranger

Où elle aurait préféré

Ne jamais mettre un pied

C’est sûr il y aurait

Un avant, un après

Elle a mis un pied devant l’autre

Chassé la larme qui coulait sur sa joue

C’était déjà pas mal, c’était déjà beaucoup