La rose rouge

La rose rouge porte beau

Dans le bouquet sur la photo

Sur la pierre froide

Un dialogue absent

A ma mère à ma soeur

Des mots qui glacent le sang

La rose rouge portait haut

Mon coeur contre le tien

Quand tu m’attendais, héros,

Le soir à la descente du train

La rose rouge s’effeuille dans le vase

Quand l’acide des mots

M’explose au visage

Les débris de verre et de ciel

Tes histoires, de moins en moins belles

La rose rouge

Comme le sang en étoile

Et cet amour qui ne bouge

Sur le marbre je m’étiole

Et je finis de crever

Comme un ballon dégonflé

 

Tous les jeunes arrivés

Sur l’écran de son portable

Son visage apparaît

Petit tout juste né

Un futur adorable

Ces jeunes arrivés

Louise, Achille, Romi,

Joliment colonisent

Tous ses calendriers

Ils ne sont pas à elle

Ne le seront jamais

Son ventre, c’est décidé,

Demeurera fermé

Mais son âme enrichie

De toutes ces belles étoiles

Et son coeur gonflé

D’amour comme une voile

Vertèbre branlante

« Mais non, tu ne m’embarrasses pas ! », hurla-t-il. Campé au milieu de la pièce, il tenait dans sa main droite sa longue mèche de cheveux, comme à chaque fois qu’il était contrarié.

Le silence valait plusieurs tonnes de goudron.

Elle répliqua : « Je ne t’embrasse pas non plus. Des fois, deux lettres, ça change tout. » L’ironie était son royaume, puisque l’amour ne la laisserait jamais entrer.

Contre toute attente, il se calma. « Viens là. » Elle le serra, doucement, pour ne pas faire craquer son squelette si léger. « Où est ta vertèbre branlante ? » demanda-t-elle, faisant glisser ses mains le long de sa colonne.

« Ici », dit-il en lui attrapant les mains. « Laisse. »

Il la jeta sur le lit.