Comme un chat

Comme un chat

Il grimpait sur les toits, agile

La nuit pour contempler

Les lumières de la ville

Tous les soirs

Un pied sur le rebord

Les yeux illuminés

Par les reflets de l’eau

Devant lui scintillaient

Le froid et le noir l’enveloppaient

Il se sentait chez lui

Au milieu de la nuit

Il voulait faire percer

Des fenêtres dans le grenier

Pour que des bouts de ciel

S’invitent dans son bordel

Comme un chat

Il grimpait sur le toit, agile

La nuit pour contempler

Les lumières de la ville

Un soir en glissant il a vu

Le ciel d’un peu trop près

Mon ami tu t’appelais

Félix Lechevalier

Comme on glisse

Comme on glisse

Vers l’automne,

Irrémédiablement

Comme on se hisse

Sur une branche

Pour hurler au ciel déclinant

Comme on meurt

Du silence de l’été

La joie est bel et bien passée

Comme on espère

Que le froid et le vent

Se feront discrets

Comme on glisse…

En bourrasque

Mes souvenirs s’écrasent

Comme des oiseaux sur des vitres

Le temps a passé

J’ai les images en accéléré

Derrière les yeux

Le coeur lesté

Comme dans un dessin animé

Du sable gluant plein les godasses

Et ton visage qui me revient en bourrasque

Comme sur un pont suspendu

Avec le vide des deux côtés

Je croyais que j’avais avancé

Je suis pour toujours tordue