Femme à moitié

Elle a mis un pied devant l’autre

C’était déjà pas mal

Dehors elle entendait

Les oiseaux qui chantaient

Tous ce temps passé là

Elle avait oublié

Comment les écouter

 

C’est sûr il y aurait

Un avant, un après

Elle était toujours là

Mais elle avait changé

Maintenant elle se sentait

Une femme à moitié

 

Dans la rue elle voyait

Les passants qui marchaient

A toute allure, sans s’arrêter

Elle aurait aimé aller

Aussi vite qu’eux, foncer

Mais ça c’était avant

Quand ses jambes la portaient

 

C’est sûr il y aurait

Un avant, un après

Elle était toujours là

Mais elle avait changé

Maintenant elle se sentait

Une femme à moitié

 

Pas plus léger son cœur

Un peu plus lourd son corps

Elle en avait consumé des heures

Nourri des doutes et des remords

Dans cet endroit étranger

Où elle aurait préféré

Ne jamais mettre un pied

 

C’est sûr il y aurait

Un avant, un après

Elle était toujours là

Mais elle avait changé

Maintenant elle se sentait

Une femme à moitié

 

Elle a mis un pied devant l’autre

Laissé derrière elle l’hôpital

Chassé la larme qui coulait sur sa joue

C’était déjà pas mal

C’était déjà beaucoup

 

Un pied devant l’autre

Elle a mis un pied devant l’autre

C’était déjà pas mal

Dehors les oiseaux dans les arbres

Recommençaient à chanter

Peut-être qu’ils n’avaient jamais cessé

Dans la rue les passants marchaient

A toute allure, sans s’arrêter

A côté d’elle, sans la voir ni la toucher

Elle aurait aimé aller

Aussi vite qu’eux, foncer

Elle ne se sentait pas plus légère

Malgré ce qu’elle avait laissé là-bas

Dans cet endroit étranger

Où elle aurait préféré

Ne jamais mettre un pied

C’est sûr il y aurait

Un avant, un après

Elle a mis un pied devant l’autre

Chassé la larme qui coulait sur sa joue

C’était déjà pas mal, c’était déjà beaucoup

 

Vieille fille

Vieille fille

C’est comme ça qu’on dit

Quand on n’a personne dans sa vie

Quand sur le papier

Aucun autre nom que le tien

N’apparaît

Vieille fille

Comme si t’étais perdue pour la cause

Rangée parmi les moroses

Tout juste bonne pour la ménopause

Vieille fille

Quand t’as passé 30 ans

Et qu’t’as pas voulu d’enfants

Que tes chemins n’ont pas suivi

Le torrent du tout-venant

Vieille fille au coeur sec

Veut-on croire

Parce qu’on n’sait pas garder un mec

Qu’on n’a pas peur des prises de bec

Vieille fille d’accord

Vieille fille peut-être

Mais fille, femme, soeur, amie d’abord

Une rivière où on trouve de l’or.

Le bouquet de la mariée

Auras-tu le courage avec moi

De ne pas attraper

Le bouquet de la mariée

D’être dans mon coeur

Et moi dans le tien

Sans m’écraser

Sans rien me demander

Voudras-tu construire une maison

Avec des murs en mousse

Qui ne ressemble à aucune autre ?

Auras-tu le courage de cheminer avec moi

Sur une route pas balisée

De planter un arbre

Sur un terreau infertile

Et de l’aider à grandir quand même ?

Auras-tu la force de me tendre la main

Quand je vacillerai sur mon filin ?

Saint-Brelade’s bay

Aujourd’hui je t’ai vu sur une photo

Avec une fille qui n’était pas moi

Tu avais les mains sur son dos

Mon coeur n’a eu aucun sursaut

J’ai cherché à distinguer son visage

Elle ne me ressemblait pas

J’ai pensé que c’était mieux pour toi

Que tu avais réussi à dégager

Tous les boulets que tu traînais

Tu as certainement oublié

Le bain à Saint-Brelade’s bay

Le soleil levant sur le bouddha couché

La nuit chaude de juillet

Dans laquelle on s’était lovés

Herbe coupée

Tu as le même parfum

Que cet amour d’il y a longtemps

C’est vertigineux comme les sensations

Me reviennent

C’est fin mai et j’ai la fenêtre ouverte

Sur les bruits de la nuit

Ils étaient morts ces derniers temps

Et ils renaissent au même moment

Comme l’odeur de l’herbe coupée

Hypersensible

Toi et moi on fait partie

De la même espèce

Celle que les mots durs étrillent

Comme du barbelé

Je sens quand tu souffres

Sans même le demander

Pas besoin de plonger

Dans tes yeux délavés

 

Hypersensible

Tu marches sur un fil

Tu cherches en vain l’échelle

Pour atteindre le ciel

 

Toi et moi on fait partie

De la même famille

On se sent sans parler

On respire le même air

On tente de décoller

Au plus loin de l’orage

Et des soupirs plombés

 

Hypersensible

Tu marches sur un fil

Tu cherches le marchepied

Pour pouvoir t’échapper

 

Toi et moi on est couchés

Dans la même ornière

Tu sais trouver de l’or

Au fond de ma rivière

Je sais quand tu voudrais

Disparaître sous terre

Tu sais me remonter

Vite vers la lumière