Hors circuit
Hors du temps
On t’arrache des sentiments
Comme on tire les braises du feu
Hors d’atteinte
Hors d’haleine
Quand tu veux rejoindre le ciel
Hors circuit
Hors du temps
On t’arrache des sentiments
Comme on tire les braises du feu
Hors d’atteinte
Hors d’haleine
Quand tu veux rejoindre le ciel
D’un rien tu as fait de mon coeur un brasier
Avec tes quitte ou double
Et la douche écossaise
Après les bains de l’été
Quand je te recueillais dans mon lit
Comme un chaton ébouriffé
Tu rêvais de plonger
D’escalader d’autres sommets
Petit animal curieux
Crashé entre mes deux oreillers
Feu follet qui ne songeait qu’à s’échapper
La glace a craqué
Le sang s’est répandu
Sur les genoux écorchés
Baume du tigre
Pour les bleus sur la peau
Baume du tigre
Pour mon coeur noyé dans l’eau gelée
Les jours rallongent
Le ciel est rose plus longtemps
On va vers le printemps
Et puis l’été, après
Comme quand on se baignait
Tu te souviens, on regardait
Le ferry qui partait vers l’Angleterre
Les jours rallongent
Je sens la douleur qui s’étale
Je préfèrerais qu’elle s’étiole
Tu es partout, malgré le temps qui passe
Je brode toujours le même motif
Deux grands yeux bruns
Du vif-argent saisi au vol
Et si vite échappé
Les jours rallongent
Mais l’herbe met du temps à repousser
Quand la terre a été à ce point brûlée
Tout ce napalm dans tes belles mains
Je suis sûre que tu ne te souviens de rien.
Je ne suis pas une machine à bulles
La légèreté à tout crin, ça ne sert à rien
Surtout quand il n’y a personne pour t’aider
Parfois je me sens estropiée
Sans un souffle d’air pour me porter
Essorée par la banalité
Je cherche en vain une perle
Dans un coquillage ébréché
Celle qui ne serait pas trop lourde
Sur mon collier
Returning back
Tu sais, je ne t’ai jamais oubliée
Mon coeur bat toujours un peu
Vers l’Ouest, il s’envole
Au-dessus du lac
Et de Queen street west
C’est aussi pour ça que j’arrive pas à l’étalonner
Comme je devrais
Les hommes de papier
Veillent sur moi
Sans me regarder
Ils ne m’ont jamais perforé le coeur
Au marteau piqueur
Ils m’aident, rêveuse du bout du quai
A m’accrocher aux nuages
A essayer de ne pas rester planquée
Dans mon pigeonnier
J’ai déménagé au 3e
D’ici j’ai vue sur un hôtel
J’ai planté un citronnier
Etrangement la graine a germé
Tout n’est pas mort dans ces couloirs
Il y a toujours du bruit le soir
Je ne sais pas comment la vie aura tourné
Quand dans trois ans je sortirai
Rejoindre les perdus, le moral en rase-motte
Et le coeur en piqué
On se détraque ici
Derrière les caillebottis
Je suis nul et non avenu
Je suis une impasse
Une voix sans portée
Je suis un prisonnier
La brise vaporeuse
De tes pas sur le pavé
Cheval d’arçon
Pour te hisser au-dessus des toits
Flottant entre deux eaux
Tu t’élèves, tu te crashes
Tu es tant dans ta tête
Vibrionnant dans la nuit
Sur une ligne de crête
On perd sa liberté
En une seconde
On croise un regard
Et on tombe
Quelle vaste fumisterie
Cette liberté qui s’enfuit
En courant gaiement
Vers sa perte
Comme une demeurée