Le voyage, le beau voyage
Ligne de fuite ouverte
Dans la travée du monde
Vue en coupe de l’humanité
Part de millefeuille céleste
Que les autres n’auront pas
Il n’appartient qu’à toi
Le voyage, le beau voyage
Ligne de fuite ouverte
Dans la travée du monde
Vue en coupe de l’humanité
Part de millefeuille céleste
Que les autres n’auront pas
Il n’appartient qu’à toi
A toi qui me voues aux gémonies après m'avoir portée aux nues A toi qui me méprises parce que j'ai fait ce que j'ai voulu A toi qui t'emporte car j'ai pas respecté le délai de veuvage après que tu m'as dégagée de ta vie par texto A toi qui avais laissé en évidence le cadeau de Noël que je t'avais fait dans l'entrée quand je suis venue chercher mes affaires A toi qui m'a adorée et qui aujourd'hui me traite de pute A toi qui change de paradigme parce que t'as pas réussi à m'enterrer dans ton cercueil de certitudes moisies A toi qui m'a traitée de frigide quand j'avais pas envie de toi A toi qui a pris ce qu'il y avait à prendre et qui m'a fermé la porte au nez quand je t'ai ouvert mon cœur A toi à qui j'ai confié que me sentais seule comme un chien et qui a préféré aller faire du paddle A toi qui poses des questions mais qui n'écoute pas les réponses A toi qui ne réponds pas aux messages où je t'explique à quel point c'est difficile A toi qui m'a regardée pleurer avant de me le reprocher A toi qui ne m'a pas aidée quand j'ai eu le plus besoin A toi qui m'a enfoncée par manque de courage ou par lâcheté A toi qui préfère raser les murs quand je suis de mauvaise humeur plutôt que de demander ce qui ne va pas A toi qui ne t'intéressera jamais à autre chose que la vitrine parce que c'est moins fatigant A toi qui m'as laissée lutter toute seule et qui continue à faire comme si de rien n'était A toi qui a fait de l'indifférence et de l'indélicatesse ton jardin. Sache que j'arrêterai d'être magnanime. Et aussi à toi qui m'a regardée dans les yeux en me demandant comment ça va Qui n'a pas détourné le regard quand les larmes ont coulé A toi qui m'a dit « Mais tu aurais dû me dire que ça n'allait pas, j'aurais adapté mon programme pour toi » A toi qui ne compte jamais les heures quand il s'agit de moi A toi qui m'aimes comme je suis sans aucune restriction A toi qui m'offres l'hospitalité ou juste ton épaule pour pleurer A toi qui m'a invitée à déjeuner alors que je pensais que tu ne te fichais de moi A toi qui m'a tenu la porte avec un sourire A toi qui m'a proposé de l'aide quand je vidais toute seule mon grenier A toi qui m'a fait un compliment gratuit quand je regardais une fringue dans une vitrine, un soir quand les magasins avaient fermé A toi qui m'as envoyé une carte postale avec un message chiadé que t'avais vraiment pris le temps d'écrire A toi qui as caché un gâteau d'anniversaire mon frigo que j'ai découvert en rentrant de vacances A toi qui m'as dit « J'arrive » sans que j'ai eu besoin de demander. A toi qui m'évites de devenir complètement misanthrope. Merci.
Vancouver et bleu
La plage grise et les oies qui dorment
La patte en l’air
Les enfants dans l’eau
Et le pont Burrard derrière moi
Les voiliers et les porte-conteneurs
Les immeubles luisants
Les surveillants de plage
Et les filles en maillot de bain
Le drapeau canadien
Et au loin, pas si loin
Les sapins et les morceaux de bois flotté
La montagne en plusieurs épaisseurs
Et le ciel par-dessus
J’ai fait le tour de la Yamanote
J’ai pris mon shoot de liberté
Pour longtemps en métro aérien
Ceux qui sont restés
Ne comprendront jamais.
On laisse un hôtel
On laisse un métro
On laisse sous terre un train
J’ai laissé mon coeur sur les voies
Avant que l’amour le dévoie
Tu dis que j’ai une étoile
Au-dessus de ma tête
Je pense que c’est une étoile noire
Qui absorbe toute la lumière
Et ne renvoie rien
Mate, lisse et sans aspérités
Ni volonté de briller
Elle ne guidera jamais aucun bateau
C’est une étoile qui prend l’eau
Secouer le ciel d’été
Pour qu’en tombe une nuée
De cigales camouflées
Dans l’écorce des pins
Enfin cesser d’affronter les vents contraires
Et se laisser bercer dans la torpeur
Comme un soleil qui s’effondre
Il arrête de faire de l’ombre
Bravache
Tu crois que tu peux tous les passer
Par le fil de ta hache
De tes mots qui tranchent
Et qui cachent
Tellement mal ton armure
En contreplaqué
Et ton coeur aussi lourd
Qu’un sac de pierres inutile
Aujourd’hui, c’est septembre
Tu as quitté la ville
En laissant mon coeur
Sur le pavé détrempé
J’ai la faille de San Andreas dans la poitrine
Heureusement ça n’empêche pas
Les oiseaux de voler
Dans mon coeur bancal
Il y aura toujours une place pour toi
Même si finalement tu décides
Que tu ne veux pas de moi
Que je ne rentre pas dans les cases de ton damier
Et qu’avec moi tu n’as pas envie de jouer
Entre deux mots
Je refuse de choisir le moindre
Pour parler de toi
Et de tes yeux de chat
Dont j’attends en vain qu’ils cillent
Pour échapper au vertige