La brise vaporeuse
De tes pas sur le pavé
Cheval d’arçon
Pour te hisser au-dessus des toits
Flottant entre deux eaux
Tu t’élèves, tu te crashes
Tu es tant dans ta tête
Vibrionnant dans la nuit
Sur une ligne de crête
La brise vaporeuse
De tes pas sur le pavé
Cheval d’arçon
Pour te hisser au-dessus des toits
Flottant entre deux eaux
Tu t’élèves, tu te crashes
Tu es tant dans ta tête
Vibrionnant dans la nuit
Sur une ligne de crête
On perd sa liberté
En une seconde
On croise un regard
Et on tombe
Quelle vaste fumisterie
Cette liberté qui s’enfuit
En courant gaiement
Vers sa perte
Comme une demeurée
Tu as coulé ma barque en carton
Déserté mon port d’attache
Je sais que ma mer est intranquille
Mais parfois, tu sais, elle scintille
On recherche la lumière de mon phare
Mais je suis si seule à activer les leviers
Je crevais de pouvoir être ton quai
Même si tu faisais le tour du monde dans un cargo sans arrêt
De ce bois vermoulu, tu n’en as pas voulu
Baisser la garde
Lâcher les chiens
Ouvrir les vannes des barrages hydro-électriques
Couper les cordes
Pousser le moteur jusqu’à l’explosion
Pulvériser l’argenterie avec un char de chantier
Desserrer le col
Laisser s’entrechoquer
Les dents qui claquent comme des portes
Qu’on a arrêté de verrouiller
Faire sauter les plombs
Et crisser les fourchettes sur les assiettes
Briser les vases et les fleurs avec
Laisser s’engouffrer la tempête
Et les airs qui n’en font qu’à leur tête
Tu n’es pas un cercle d’étain et de verre
Tu n’es pas une dune
Ton sable ne s’écoule pas à l’envers
Tu n’es pas un pin parasol
Ton ombre ne protège personne
Tu n’es pas une aurore boréale
Ta brillance n’atteint pas le nord
Tu n’étais qu’une volute de fumée
Une étincelle si vite dissipée
Abrasive
A bras le corps
A la fois éléphant
Et porcelaine de Limoges
Les yeux creux
Et le sourire forcé
Qui rit à gorge déployée
Faites de moi ce dont vous bruissez
Un morceau de feuillage
Nervuré
Moi aussi j’ai envie
De poster des selfies
De serrer dans mes bras
Jusqu’à l’étouffer
Sentir sous la chemise le coeur qui bat
Faire des trucs que j’avais dit
Que jamais je ne ferais
Me poser dans son cou
Comme si c’était une île
Le trouver dans mon lit
Quand la journée est finie
Le cheveu en bataille et la peau chaude
Moi aussi j’ai envie, pour une fois
De voir plus loin
Que le bout de mon nez
Que le bout du week-end
Que le bout de l’année
Rêver
Avoir le ciel pour seule limite
Ecouter le son de la trompette
Et le clair de lune de Debussy
Prendre ton visage entre mes mains
Prendre le luxe de ne penser à rien
Ce matin l’été est mort
C’est moi-même qui l’ai enterré
Tout au fond de mes pensées
Cette chaude lueur
Cessera d’iriser de ses splendides couleurs
Ce qui reste de mon coeur
Ce matin l’été est mort
Puisque j’ai fait le deuil de ton corps
De ces mots qui pour toi ne voulaient rien dire
Ce matin l’été est parti en fumée
Je crois que je me suis trompée
Penser à quelqu’un
Quand rien ne t’y oblige
Penser à celui
Qui jamais ne transige
Penser à quelqu’un
Quand le malgré soi s’en mêle
Penser à quelqu’un sans nom
Pensez à ses mains, au son
De sa peau contre la mienne
Y penser et l’intégrer
Dans tous les pores de sa peau
Comme l’oiseau enfin qui décolle
Ne touche plus jamais le sol