Flaque de lune

Le coeur en bandoulière, enveloppé de plusieurs bandes de gaze. Le ciel rose qui crève les nuages à travers le toit, la tête renversée. Les pieds au mur pour laisser la journée s’écouler.
Tout ça, elle aimerait lui raconter. Mettre sur le papier toutes ces émotions qui la boursouflent tous les matins et tous les soirs.

Lui dire quelles étoiles elle a vu quand il était là. Sur quelles vibrations elle a tissé sa toile d’araignée, fils légers, roulés dans le givre de janvier. Mais elle sait que la lune n’a pas brillé pour lui. C’était juste un reflet. Une flaque dans laquelle il a marché.

La rose rouge

La rose rouge porte beau

Dans le bouquet sur la photo

Sur la pierre froide

Un dialogue absent

A ma mère à ma soeur

Des mots qui glacent le sang

La rose rouge portait haut

Mon coeur contre le tien

Quand tu m’attendais, héros,

Le soir à la descente du train

La rose rouge s’effeuille dans le vase

Quand l’acide des mots

M’explose au visage

Les débris de verre et de ciel

Tes histoires, de moins en moins belles

La rose rouge

Comme le sang en étoile

Et cet amour qui ne bouge

Sur le marbre je m’étiole

Et je finis de crever

Comme un ballon dégonflé

 

Tous les jeunes arrivés

Sur l’écran de son portable

Son visage apparaît

Petit tout juste né

Un futur adorable

Ces jeunes arrivés

Louise, Achille, Romi,

Joliment colonisent

Tous ses calendriers

Ils ne sont pas à elle

Ne le seront jamais

Son ventre, c’est décidé,

Demeurera fermé

Mais son âme enrichie

De toutes ces belles étoiles

Et son coeur gonflé

D’amour comme une voile