Vertèbre branlante

« Mais non, tu ne m’embarrasses pas ! », hurla-t-il. Campé au milieu de la pièce, il tenait dans sa main droite sa longue mèche de cheveux, comme à chaque fois qu’il était contrarié.

Le silence valait plusieurs tonnes de goudron.

Elle répliqua : « Je ne t’embrasse pas non plus. Des fois, deux lettres, ça change tout. » L’ironie était son royaume, puisque l’amour ne la laisserait jamais entrer.

Contre toute attente, il se calma. « Viens là. » Elle le serra, doucement, pour ne pas faire craquer son squelette si léger. « Où est ta vertèbre branlante ? » demanda-t-elle, faisant glisser ses mains le long de sa colonne.

« Ici », dit-il en lui attrapant les mains. « Laisse. »

Il la jeta sur le lit.

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