Dans mon coeur bancal
Il y aura toujours une place pour toi
Même si finalement tu décides
Que tu ne veux pas de moi
Que je ne rentre pas dans les cases de ton damier
Et qu’avec moi tu n’as pas envie de jouer
Dans mon coeur bancal
Il y aura toujours une place pour toi
Même si finalement tu décides
Que tu ne veux pas de moi
Que je ne rentre pas dans les cases de ton damier
Et qu’avec moi tu n’as pas envie de jouer
Entre deux mots
Je refuse de choisir le moindre
Pour parler de toi
Et de tes yeux de chat
Dont j’attends en vain qu’ils cillent
Pour échapper au vertige
J’ai envie de me délester
Ôter ma peau
La dérouler sur le bas-côté
Et ma tête sur le buffet
Au milieu des animaux empaillés
Elle serait du meilleur effet
Faire des lianes avec mes veines
Pour voler entre les conifères
Raser mes cheveux
Les jeter au feu
Me strier le visage
Avec des larmes de joie
Des sillons de beauté
Arrêter de pleurer
Tu étais sur ton nuage
Moi pas loin derrière
Dans le ciel de traîne
Comme un voile effiloché
On a laissé derrière nous
Tout ce béton armé
Les ailes d’emprunt te vont bien
L’étoile filante
De mon coeur en coton
T’accompagne
Loin de l’orage et des soupirs plombés
Comment se lasser de ces ciels
Que je vois au fond de tes yeux
Parfois lisses, parfois tempêtueux
Epuisés, quand la brume a tout lessivé
Dégagés quand d’un coup le vent s’est levé
Tu voulais être heureux m’as-tu dit
Ce moment-ci, tes yeux étaient bleu-gris
Il faut bien que le coeur déborde
Comme les pétales de la tulipe sombre
S’effeuillent
Il faut bien que les amours mortes
Finissent de crever
Comme des ballons dégonflés
A la lisière du ciel foncé
L’étoile unique brille à côté du clocher
Tandis que les eaux sombres de la galaxie
Imperturbables et somptueuses
Veillent sur la ville
De guerre lasse
On passe à l’as
On garde les sentiments en dedans
Le coeur de glace
Le sang
Quand mon coeur se sera désséché
Quand il aura retrouvé
Un peu de liberté
Quand les larmes l’auront lessivé
Quand il sera dessalinisé
J’arriverai à voir l’arc-en-ciel
Plutôt que le gris du ciel
Le rai de lumière me traverse
L’humeur branlante
Comme une chaise à qui il manque un pied
De longues plages de silence
Pour récupérer
L’humeur brûlante
Le soleil à plat dos
Les poumons emplis d’eau
La part d’ombre
Assis face au soleil
Je ne sais pas à quoi tu penses
Te sens-tu étalon
Ou bien cavalier en partance ?
Continent étranger
Fond de bouteille élimé
Lesté à chaque pied
Fond mouvant
Bardé d’éclats fluorescents