Le plongeoir

Tout en haut du plongeoir

Tu regardes l’eau qui brille en bas

Elle te fait envie, c’est sûr

Tu coulerais avec ton armure

Ici le coeur de l’histoire

Sautera, sautera pas ?

On plonge pas en sarcophage

Ni empesé par la fange

Mais comment se délester ?

Tu voudrais l’aimer, c’est sûr

Ton coeur périt sous l’armure

Les étoiles filantes

Ce soir-là, ils les avaient attendues, les étoiles filantes. Ils savaient tous deux que c’était un prétexte, que le lampadaire de l’autre côté de la haie ferait tout pour s’interposer entre le ciel et eux.

La voûte nocturne les enveloppait pourtant, et rien de la touffeur de cette fin de soirée d’août ne leur pesait.

Il s’était blotti contre son épaule. Avait passé un bras autour de sa taille. Il gisait allongé avec elle sur une couverture à même le sol, à guetter dans l’opacité des filaments lumineux dont il se fichait éperdument.

« Tu penses à quoi ? », avait-il glissé, tandis que son coeur sortait de sa gangue. Elle en avait eu le souffle coupé : un miracle venait d’exploser sous ses yeux.

Les tourments laissaient donc place à la joie, à la tendresse, à l’audace, parfois. La Terre venait de faire un tour sur elle-même, c’était certain.

Ce soir-là, ils les avaient attendues, les étoiles filantes.

Je ne peux pas

Je ne peux pas

Te crever le coeur

Ni cisailler tes yeux

Au cutter

Alors j’écris le marteau

Pour détruire le silence

Que tu as édifié

Je ne peux pas hurler

Comme une louve

Devant ta porte

Alors j’écris les voix

Que j’envoie aux étoiles

Elles ne se défendent pas

Tu ne m’as pas bien regardée

Tu ne m’as pas bien regardée

J’ai un coeur qui ne bat

Que si le tien va bien

Massif et recousu d’or

Un cul et une rage d’enfer

Je te tiendrai la main jusqu’à la mer

Même si l’on doit plonger

J’ouvre le chemin pour

Ne pas t’éclabousser

Tu ne m’as pas bien regardée

J’ai un rire qui explose

Les silences en obus bruyants

Des recoins vastes comme

Des univers, mais tu n’y viens jamais

J’ai du courage pour toi

Et tous les autres aussi

Un soleil infini et des nuages

Noirs de feu

Qui fondent en un éclair

J’ai des pouvoirs que

Tu ne comprendras jamais

Tu ne m’as pas bien regardée

Les courbettes

Les politesses qu’on se fait

Des courbettes sans intérêt

Ouvrir son cœur semblerait

Un remède à la lâcheté

Il est vrai qu’il est facile

De détourner le profil

Mais mille sourires polis

Ne vaudront jamais un cri

Toutes ces circonvolutions

Des masques pour cœurs grognons

Des linceuls pour les pensées

Perte de temps insensée

Tant d’acrobaties pour rien

Pour se traiter comme des chiens

Sanglés dans ces impostures

Juste le calvaire qui dure